Les mutuelles peuvent-elles augmenter leurs tarifs en 2026 ?

Source cftc.fr

Prévu par la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, le gel des cotisations des contrats de complémentaire santé pour l’année 2026 ne serait manifestement pas respecté par l’ensemble des assureurs, certains contestant même la constitutionnalité de cette mesure de régulation des prix. Le cas échant, la CFTC tient à rappeler que la loi est pourtant très claire : les assureurs dits « complémentaires santé » ne peuvent pas augmenter leurs tarifs cette année. Il tient désormais aux employeurs de veiller au respect de cette disposition légale, en rappelant à ses obligations la mutuelle d’entreprise à laquelle ils ont souscrit.

Pour assurer une nouvelle ligne de financement au régime de protection sociale, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) adoptée mi-décembre introduisait une taxe de 2,05 % sur les cotisations perçues au titre des contrats « complémentaires santé ». Pour éviter que les organismes de complémentaires santé (voir encadré plus bas) ne répercutent cette taxe sur les assurés, les parlementaires lui avaient adjoint un garde-fou, en greffant à cette LFSS une mesure additionnelle : celle-ci interdit, en 2026, toute augmentation des cotisations dues par les assurés des complémentaires santé. Plus concrètement, elle gèle donc les tarifs de ces complémentaires, qui ne peuvent pas dépasser ceux de 2025.

Pourtant, la Fédération nationale de la Mutualité Française – qui fédère aujourd’hui la quasi-totalité des mutuelles – avait affirmé dans un communiqué publié mi-décembre 2025 que « les cotisations augmenteront en 2026 en moyenne de 4,7% pour les contrats collectifs. » Fin janvier 2026, plusieurs de ces regroupements d’assureurs ont aussi qualifié le gel des cotisations inscrit dans la dernière loi de finances de « très probablement anticonstitutionnel ». Certaines mutuelles d’entreprise ne semblent donc, de fait, pas vouloir respecter le plafonnement des tarifs prévu par la loi. Pour certains de ces assureurs, ce dispositif porterait notamment « atteinte à la liberté d’entreprendre, à la liberté contractuelle et à la garantie des droits, principes protégés par la Constitution ». Mais qu’en est-il réellement ? 

Les mutuelles ne devraient pas pouvoir augmenter leurs tarifs

Pour la CFTC, la loi est ici très claire : les organismes de complémentaire santé ne peuvent légalement pas augmenter leurs tarifs en 2026, par rapport à ceux de 2025. L’article 13 de la loi de financement de la sécurité sociale – qui instaure le plafonnement des cotisations versées par les assurés aux complémentaires santé – concerne aussi bien les contrats d’assurance individuels que collectifs (et donc, les « mutuelles » d’entreprises). Ce plafonnement devrait par ailleurs s’appliquer à tous les contrats couvrant l’année 2026, y compris à ceux qui ont été conclus avant la publication de la loi. Dit plus simplement : même si une entreprise et une mutuelle s’étaient accordés dès 2025 sur une hausse tarifaire en 2026, le blocage légal des prix s’impose tout de même.

En cas de non-respect de la loi, c’est à l’employeur d’agir

La prétendue « anti constitutionnalité » de la mesure invoquée par certains acteurs du secteur de la complémentaire santé n’est, à ce jour, pas du tout établie, ni actée juridiquement. Lors de son examen fin décembre de la loi de financement de la Sécurité sociale, le Conseil constitutionnel est notamment resté silencieux sur cette mesure.

Dès lors, comment veiller à ce que les complémentaires santé, individuelles ou d’entreprise, respectent le droit applicable? Si un salarié constate une augmentation des cotisations allouées à sa mutuelle d’entreprise, il peut d’abord commencer par en informer son délégué syndical CFTC et/ou son représentant CFTC au CSE. Ces derniers devront dans la foulée en rendre compte à l’employeur. C’est en effet ce même employeur qui a établi et signé le contrat de groupe avec l’assureur, qui permet à ses salariés de bénéficier d’une complémentaire santé collective. C’est donc à l’entreprise qu’il revient de rappeler l’organisme de complémentaire santé à son obligation de respecter la loi.

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